Une équipe pluridisciplinaire : des compétences complémentaires pour une approche globale
L’une des grandes forces des EMG réside dans leur composition pluridisciplinaire, qui permet une analyse globale, médicale, fonctionnelle, psychologique et sociale de la situation des patients. Cette diversité est une richesse, permettant d’adapter l’action à la fois au patient, à son entourage et au contexte local.
1. Le médecin gériatre : le référent médical expert
Au centre de la mission, le médecin gériatre – détenteur d’un DESC ou d’une capacité en gériatrie – coordonne l’évaluation globale et l’attitude diagnostique. Il :
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Prend en charge l’évaluation clinique en urgence ou à la demande
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Analyse les polypathologies et risques iatrogéniques
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Conseille sur les adaptations thérapeutiques, la gestion des traitements complexes
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Collabore avec les autres prescripteurs (médecin généraliste, spécialistes)
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Participe à la décision partagée (famille, patient)
Selon les dernières données de la Fédération Française de Gériatrie, plus de 90 % des équipes mobiles en France comptent au moins un médecin gériatre (FFG, Baromètre 2022).
2. L’infirmier(ère) en gériatrie : évaluateur, coordinateur et accompagnant
L’infirmier de l’EMG est souvent la première interface sur le terrain. Son rôle va bien au-delà des soins :
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Réalise l’évaluation clinique (état d’autonomie, prévention du risque de chute, nutrition, douleurs…)
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Observe le contexte de vie au domicile ou en institution
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Favorise la liaison avec les aides à domicile, les kinésithérapeutes et autres intervenants
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Guide le patient et ses aidants dans le parcours de soins
À noter : plus de 40 % des actes des EMG sont réalisés en binôme infirmière-médecin (Société Française de Gériatrie et Gérontologie, 2022).
3. L’assistant(e) social(e) : le lien avec le médico-social, les questions de droits
Le travailleur social au sein de l’EMG est capital : il traite la question de l’accès aux droits, à l’aide sociale, à l’accompagnement administratif ou à l’organisation d’une sortie d’hospitalisation. Il ou elle :
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Évalue la situation sociale, repère la précarité, l’isolement, la maltraitance potentielle
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Explique les aides et dispositifs (APA, aide-ménagère, tutelle…)
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Met en œuvre les démarches pour la coordination avec le Conseil départemental, la MDPH, les caisses de retraite
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Soutient les familles, repère les aidants en situation d’épuisement
4. L’ergothérapeute : évaluation de l’autonomie et adaptation de l’environnement
La prévention des chutes, les conseils sur les aides techniques, l’analyse fine des capacités fonctionnelles : c’est le rôle de l’ergothérapeute, de plus en plus présent dans les équipes.
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Propose des solutions pour améliorer le maintien à domicile
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Fait des recommandations sur l’adaptation du logement, des aides techniques (barres d’appui, fauteuil, etc.)
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Participe à l’évaluation des besoins pour l’allocation personnalisée d’autonomie (APA)
Les données du rapport IGAS 2019 montrent que près d’un tiers des EMG en France disposent d’un ergothérapeute en effectif (IGAS, Rapport 2019).
5. Le psychologue : accompagnement psychologique et gestion des troubles du comportement
Les troubles cognitifs, la dépression, l’anxiété ou les troubles du comportement sont fréquents chez les personnes âgées. Le psychologue intervient alors :
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Pour évaluer l’état psychique, l’adaptation aux ruptures de vie, le deuil, la solitude
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Pour proposer des pistes aux équipes pour gérer la souffrance psychique ou comportementale
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Pour appuyer la famille et les aidants
Bien que présent dans environ 25 % des équipes mobiles gériatriques, son rôle est central dans les situations d’épuisement psychologique des familles ou en cas de décisions complexes telles que l’entrée en institution (Ministère de la santé, Rapport Alzheimer 2018).
6. Les autres intervenants : kinésithérapeute, diététicien, pharmacien...
Certaines équipes peuvent intégrer d’autres compétences, selon la nature des situations à gérer :
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Kinésithérapeute : évaluation de la mobilité, prévention de la chute, rééducation à domicile
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Diététicien : prise en charge des troubles de la dénutrition, conseils alimentaires
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Pharmacien : analyse fine des prescriptions, prévention des interactions et iatrogénie médicamenteuse (66 % des seniors reçoivent au moins 5 médicaments par jour – EurekaSanté, 2024)
La composition exacte varie selon les réseaux locaux, les financements et les besoins repérés sur le terrain.